Aucun milieu naturel n’échappe entièrement
à l’action de l’homme. Certains
écosystèmes sont particulièrement
menacés parce que leur capacité à
se régénérer est faible ou parce
qu’ils sont très convoités. Et
ce sont malheureusement souvent les milieux les plus
riches qui subissent les plus grands dommages. Les
littoraux et la mer en sont un exemple : avec 250
000 espèces connues et entre 500 000 et 1 million
restant à découvrir, selon les experts
de l’UICN, le milieu marin est d’une richesse
exceptionnelle. Mais il est aussi d’une très
grande fragilité et les menaces qui le guettent
sont nombreuses.
Si les activités humaines qui s’exercent
en mer (pêche, transport maritime, exploitation
des ressources du sous-sol) ont une action sur le
milieu marin, la plus grande part des menaces pour
la biodiversité marine provient directement
des activités terrestres : rejets divers en
mer par les fleuves, les rivières ou l’atmosphère,
aménagement du littoral, destruction des zones
humides...
75% des pollutions marines proviennent en effet directement
du continent !
Deuxième zone maritime du monde avec plus de 11 000 000 km2, la France est le seul pays présent dans trois océans et dans 5 des 25 « points chauds » de la biodiversité, identifiés par les biologistes (source : Comité français de l’UICN): Méditerranée, Caraïbes, Océan Indien, Nouvelle-Calédonie, Polynésie. La France est également présente dans 8 des 64 grands écosystèmes marins du globe. Ces richesses sont immenses et encore très largement méconnues.
Avec ses 55 000 km2 de récifs coralliens et de lagons, qui représentent presque 10% des récifs coralliens et 20% des atolls de la planète, le milieu marin d’outre-mer offre encore une multitude d’opportunités de découvertes. La France se place ainsi au 4e rang derrière l’Australie, l’Indonésie et les Philippines pour ce type d’écosystème.
Pourtant, l’inventaire des joyaux écologiques du territoire français ne doit pas cacher l’impact des mauvais traitements que l’homme fait subir à la planète :
- Les récifs coralliens des territoires d’outre-mer sont endommagés à hauteur de 10 à 80% selon les régions,
- Les estuaires français, milieux essentiels pour la conservation des ressources halieutiques et la fertilité des eaux côtières ont vu leur productivité sérieusement réduite au cours des cinquante dernières années,
- Durant les années 80, l’urbanisme a détruit 800 km2 d’espaces naturels sur le territoire français. La situation du littoral est alarmante avec 60% des côtes touchées contre 39% en 1960,
- Au cours des 30 dernières années, la France a perdu 50% de ses zones humides, et des espèces animales aussi emblématiques que le Phoque moine de Méditerranée...
L’Europe, malgré
ses 100 000 km de côtes, ne dispose pas de véritable
politique intégrée de protection du milieu
marin. Si les Etats, par le traité de Maastricht,
ont donné de larges priorités à
l’UE dans le domaine de la pêche et de la
sécurité maritime, aucun dispositif de
protection et de gestion du milieu marin n’existe
encore. La recommandation européenne de 2002
incite les Etats membres à mettre en oeuvre la
« gestion intégrée des zones côtières
». Dans l'immédiat, c’est la politique
européenne Natura 2000, qui reste le seul cadre
commun pour la protection de la biodiversité
marine.